Beta vulgaris
La Crapaudine est une betterave potagère de l'espèce Beta vulgaris (Amaranthaceae), tenue pour l'une des variétés les plus anciennes cultivées en France [1]. Sa racine cylindrique et allongée présente une peau épaisse, rugueuse, brun-noir, dont l'aspect tourmenté est à l'origine du nom du cultivar [1].
La chair est d'un rouge-violet profond, au goût sucré et prononcé [1]. La variété appartient à Beta vulgaris subsp. vulgaris, sous-espèce qui regroupe toutes les formes cultivées, betteraves et bettes [3].
Le semis en pleine terre s'étale d'avril à juin, pour une récolte entre août et novembre, en 60 à 90 jours après levée [2]. La tolérance au froid est forte, ce qui permet le maintien en terre jusqu'en fin d'automne [2].
Le taxon est répertorié dans Wikidata sous l'identifiant Q165191 et dans le GBIF sous l'identifiant 8971274 [6].
| pH du sol | 7.5 à 8.0 |
|---|---|
| Lumière (0-10) | 7 |
| Espacement | 15-20 cm entre plants |
| Maturité | 60-90 jours |
| Altitude max | 1700 m |
Dates ajustées pour les 5 zones climatiques de France métropolitaine. Affine encore avec ta géolocalisation ci-dessus.
| Zone | Semis intérieur | Semis extérieur | Récolte |
|---|---|---|---|
| Méditerranéenne | début mars → début avr. | début avr. → début juin | début août → début nov. |
| Atlantique | début mars → début avr. | début avr. → début juin | début août → début nov. |
| Océanique | mi-mars → mi-avr. | mi-avr. → mi-juin | mi-août → mi-nov. |
| Semi-continentale | fin mars → fin avr. | fin avr. → fin juin | fin août → fin nov. |
| Montagne | début avr. → début mai | début mai → début juil. | début sept. → début déc. |
Cette variété française est une des plus anciennes variétés connues et on en connaît des références historiques remontant au XVIIème siècle. Selon l’historien-botaniste Andrew Dalby, la betterave évoquée en Grèce dans un écrit datant de l’an 320 av. J.
Rustique face au gel, elle convient aux jardins de montagne et aux hivers longs. Cultivable jusqu'à 1700 m d'altitude, un vrai atout en montagne.
Variété ancienne, transmise de génération en génération, saveur marquée confirmée par le producteur, variété rare, à préserver.
Commencez les semis en intérieur de mars à avril, dans des godets remplis de terreau fin. Maintenez une température de 18-22°C et gardez le substrat humide sans le détremper. La levée prend généralement 8 à 14 jours.
Le semis direct en pleine terre est possible d'avril à juin, quand le sol est suffisamment réchauffé et que tout risque de gelée est écarté.
Respectez un espacement de 15-20 cm entre plants pour assurer une bonne circulation de l'air et limiter les maladies.
Cette variété préfère un emplacement en plein soleil (minimum 6h par jour).
Arrosez régulièrement, surtout en période de croissance et de fructification. Paillez le pied pour conserver l'humidité.
Sol idéal : Profond, meuble, riche. Enrichissez avec du compost bien décomposé avant la plantation.
Tolérance au froid : forte.
Cultivable jusqu'à 1700m d'altitude.
Arrachez quand le diamètre atteint 5-8 cm. Conservez en cave dans du sable humide, les feuilles coupées à 2 cm.
Les betteraves potagères rondes courantes (Chioggia, Détroit 2, Ronde de Bassano) ont une racine globulaire à peau lisse. La Crapaudine s'en distingue par une racine cylindrique pouvant dépasser 20 cm de longueur et une peau nettement rugueuse, épaisse, brun-noir [1].
Le goût est sucré et intense [1], plus prononcé que dans de nombreux cultivars récents sélectionnés pour le rendement. La chair rouge-violet ferme se tient bien à la cuisson, y compris en cuisson longue.
La maturité s'obtient en 60 à 90 jours après levée [2], durée comparable aux betteraves potagères standard. La tolérance au froid qualifiée de forte autorise des semis tardifs jusqu'en juin et des récoltes étalées jusqu'en novembre [2].
Au sein de Beta vulgaris, les betteraves potagères côtoient les betteraves sucrières, les betteraves fourragères et les bettes : toutes relèvent de la sous-espèce vulgaris [3]. Une Crapaudine non récoltée en automne, avec sa racine allongée et sa peau sombre, peut être confondue visuellement avec une betterave fourragère [3].
La betterave fourragère se distingue par un gabarit à maturité nettement plus important, une chair moins dense et un usage destiné à l'alimentation animale plutôt qu'à la table. Ces deux groupes partagent la même espèce mais n'ont pas le même débouché ni la même morphologie finale.
Parmi les betteraves potagères, la Crapaudine se distingue sans ambiguïté des variétés rondes standard (Chioggia, Détroit 2) par sa forme cylindrique et sa peau rugueuse [1]. Ces deux critères morphologiques sont suffisants pour identifier le cultivar au moment de la récolte.
La racine est la partie principalement consommée. Crue et râpée finement, elle s'incorpore dans les salades composées [5]. Cuite à l'eau, à la vapeur ou rôtie au four, elle devient tendre, bien que de légers filaments fibreux puissent subsister [5].
Le goût sucré et intense du cultivar [1] s'exprime pleinement à la cuisson longue ou par la torréfaction au four, qui concentre les sucres et donne à la chair une texture fondante. La forme cylindrique facilite le tranchage en rondelles régulières.
Les feuilles jeunes sont également comestibles : crues pour les plus tendres, cuites comme substitut aux épinards pour les plus développées [5]. Cet usage reste secondaire par rapport à la racine.
Récoltée entre août et novembre [2], la racine se conserve plusieurs mois en cave fraîche dans du sable légèrement humide. La peau épaisse et rugueuse contribue à la bonne tenue lors du stockage prolongé [1].
Les compagnons de culture recommandés incluent l'oignon, la laitue, le chou et le haricot [2] ; ces associations concernent la rotation au potager, sans implication culinaire directe.
Synthèse d'après PFAF, Wikipedia (CC-BY-SA).
Pourquoi ces associations fonctionnent.
L'oignon (Allium cepa) libère des composés soufrés volatils, dont des thiosulfinates issus de l'allicine, qui perturbent l'orientation olfactive de la mouche de la betterave (Pegomya hyoscyami) et repoussent plusieurs pucerons. Son port vertical étroit n'ombrage pas les feuilles de Crapaudine [1].
La laitue (Lactuca sativa) explore l'horizon racinaire superficiel (10 à 20 cm) alors que la Crapaudine développe un pivot profond. Les deux cultures partagent l'interligne sans concurrence hydrique ni minérale, et la laitue couvre le sol, limitant l'évaporation et la levée des adventices [1].
Le chou (Brassica oleracea) et la betterave subissent des ravageurs distincts : piéride et altise sur Brassicacées, mouche et teigne sur Chénopodiacées. Cette dissymétrie parasitaire réduit la pression globale de la parcelle. Les calendriers de récolte se chevauchent peu, ce qui limite la compétition de fin de cycle [1].
Le haricot nain (Phaseolus vulgaris) fixe l'azote atmosphérique par symbiose avec Rhizobium leguminosarum. La betterave, exigeante en azote pour la formation de la racine (besoins estimés à 120-180 unités/ha en culture de plein champ), bénéficie de cet apport progressif lorsque les nodosités se dégradent en fin de saison [2].
Pourquoi éviter ces voisinages.
Le haricot grimpant dépasse 2 m et projette une ombre portée qui prive la Crapaudine de la lumière nécessaire au grossissement de la racine pivotante. Le microclimat humide créé par le tuteurage favorise la cercosporiose (Cercospora beticola) sur feuillage [1].
La moutarde (Sinapis alba) appartient aux Brassicacées et libère dans le sol des glucosinolates, dégradés en isothiocyanates aux propriétés allélopathiques. Ces composés inhibent la germination de nombreuses graines, dont celles des Chénopodiacées. En engrais vert avant betterave, la moutarde doit être enfouie au moins 4 semaines avant le semis pour que les résidus se minéralisent [2].
Synthèse d'après PFAF, catalogue et observation empirique.
Association Kokopelli, créée en 1999 à Alès, distribue des semences reproductibles issues de l'agriculture biologique. Association à but non lucratif, membre du Réseau Semences Paysannes.
Voir la fiche chez Kokopelli →La Crapaudine est documentée dans les catalogues horticoles français du XIXe siècle. Vilmorin-Andrieux la décrit dans Les Plantes Potagères (1904) comme l'une des variétés les plus anciennes de betteraves, présente de longue date dans les jardins potagers français [4].
L'espèce Beta vulgaris est issue de Beta vulgaris subsp. maritima, la bette maritime sauvage des côtes atlantiques et méditerranéennes de l'Europe ainsi que du Proche-Orient [3]. C'est à partir de cette forme sauvage que les différents groupes cultivés, bettes puis betteraves à racine charnue, ont été progressivement sélectionnés.
La présence ancienne de l'espèce en Europe occidentale est attestée par le capitulaire De Villis, dans lequel Charlemagne recommande sa culture dans les domaines royaux à la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle [3]. Ce document concerne les bettes et non encore les betteraves à racine charnue telles que la Crapaudine.
La description taxonomique de l'espèce revient à Linné, publiée en 1753 dans la première édition du Species Plantarum [3]. L'IPNI attribue à Beta vulgaris l'identifiant 164505-1, référence botanique officielle de l'espèce [6].
Synthèse d'après Wikipedia (CC-BY-SA), producteur, catalogue botanique.
Crapaudine se sème en intérieur mars à avril, puis en extérieur avril à juin.
Les plantes compagnes recommandées pour Crapaudine sont : oignon, laitue, chou, haricot.
Il est déconseillé de cultiver Crapaudine à proximité de : haricot grimpant, moutarde.
La culture de Crapaudine est facile, accessible même sans expérience préalable.
Crapaudine se récolte août à novembre.
L'espacement recommandé pour Crapaudine est de 15-20 cm entre plants.
Tu peux acheter des graines de Crapaudine chez Kokopelli. Retrouve cette variété sur https://kokopelli-semences.com/fr/p/P0502-crapaudine
Oui, Crapaudine est une variété libre et reproductible. Tu peux collecter les graines à maturité, les sécher et les ressemer la saison suivante. La descendance conservera les caractéristiques de la variété.
Des variétés adaptées à des usages proches de Crapaudine sont : oignon, laitue, chou, haricot. Retrouve-les avec leur fiche de culture sur seedelli.com.
La betterave sucrière, une Amaranthacée, fournit environ 20 %% du sucre mondial.
A cultivated form of B. vulgaris maritima that is grown for the sugar content of its root.